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La Gastronomie créole

"Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine."    Colette
"Chaque chose appartient à qui la rend meilleure."    Berthold Brecht
"La découverte d'un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d'une étoile."    J.-A. Brillat-Savarin

Il ne faut pas se leurrer, la gastronomie créole n'existe pas, ou alors je souhaiterais vivement que l'on me la fasse découvrir, sans concession. C'est une cuisine dont l'origine est à rechercher dans la façon de se nourrir au temps de l'esclavage, lorsque les esclaves, venus d'Afrique, emportant avec eux leurs coutumes culinaires, pensaient plutôt à survivre qu'à festoyer. Ces grossières bribes culinaires africaines furent ensuite, après l'abolition de l'esclavage, un peu métissée par la main d'oeuvre indienne venue remplacer les esclaves affranchis dans les plantations.
On a vite fait le tour des plats proposés dans la plupart des restaurants, toujours les mêmes. C'est rarement très fin, ni recherché ni inventif. Les plats créoles traditionnels sont grossiers, bourratifs ; le riz blanc ordinaire, les haricots rouges et les diverses racines du pays (ignames, madère, patate douce) en constituent la base, ainsi que les bananes légumes, christophines et autres fruits à pain : Les Acras (de morue, d'aubergine) sont souvent gorgés d'huile ; le boudin créole mériterait un qualificatif que je ne puis me permettre ici ; le Colombo ou massalé (de poulet, de cabri) n'est que le pâle reflet des masalas indiens dont ils sont issus (la poudre de colombo ressemble étrangement à l'infâme curry inventé par les Anglais lors de leur colonisation de l'Inde !) ; le poulet grillé ou boucané est très approprié pour un pique-nique campagnard ; les poissons, grillés, en brochettes ou en "blaff" peuvent être bons si l'on y apporte le soin requis ; les fruits de mer et crustacés sont encore ce qu'un honnête gourmand peut apprécier de mieux, pour autant qu'ils soient bien frais et préparés avec soin. Attention au lambi, gros escargot de mer, qui est souvent caoutchouteux et sans goût particulier. Le plus souvent, il est importé surgelé du Vénézuela ou de Jamaïque, où leur pêche n'est pas sévèrement règlementée comme elle l'est en Guadeloupe ; le ragoût de poulpe ou chatrou pourrait être bon s'il n'était toujours présenté dans une sauce infâme.
Bref, à part le rhum agricole et ses dérivés, réputés à juste titre dans le monde entier, ainsi que les nombreux et délicieux fruits tropicaux (mangues, maracudjas, bananes diverses, avocats...), les gastronomes resteront sur leur faim et leur soif, tout au moins dans la plupart des restaurants de la région Deshaies - Sainte-Rose.
Bien sur, le touriste ne vient pas en Guadeloupe pour faire des découvertes gastronomiques, mais plutôt pour profiter du soleil, des plages, de la forêt... Cette ambiance de vacances aidant, on a bien souvent tendance à accepter n'importe quoi, et à trouver délicieux un repas tout juste acceptable. Ainsi le touriste, pas toujours averti en matière de gastronomie, se laisse servir et semble même apprécier n'importe quoi. Alors, pourquoi les restaurateurs feraient-ils un effort d'inventivité pour surprendre et séduire le convive ?

On peut néanmoins recommander un petit nombre d'établissements qui font un réel effort pour satisfaire leurs hôtes. Vous n'y trouverez pas de 3 étoiles, mais ils sont acceptables quant à la qualité du repas, sans préjuger toujours de la qualité du service.

Restaurants recommandés dans la région de Deshaies :

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